vendredi 16 juin 2017

Algiers au Silencio (15/06/17)


Algiers, le groupe du moment, en concert dans le club de David Lynch à Paris c'était forcément immanquable! Mais on a failli passer à coté!

Ca faisait des semaines que l'on guettait l'annonce du concert d'Algiers à Paris le 15 juin avec pour seule référence cette "unknown venue" en lieu et place de la salle sur leur site internet... Un simple post sur leur page Facebook précisait mercredi soir qu'il fallait contacter le groupe sur leur adresse g-mail pour avoir des précisions... On s'en aperçoit le lendemain, jour du concert à 14h et on joue le jeu... 20 minutes plus tard on nous répond que l'on vient d’être ajouté à la guest-list pour le soir même dans le très tendance Silencio (club apparenté à M. David Lynch)...

Petite salle cosy, pleine à craquer et ambiance club qui sied parfaitement au son et à la mentalité accrocheuse et revendicatrice des 3 d'Atlanta, rejoints depuis peu par l'ancien batteur de Bloc Party, Matt Tong. Première surprise, leur leader, Franklin James Fisher s'exprime dans un français parfait! Avec un son plutot bon, Algiers va interpréter la quasi-totalité de son premier album, avec bien entendu les perles que sont devenues Black Eunuch, Old Girl, Blood ou Claudette...

On aura droit à quelques morceaux du tant attendu second LP, qui sortira dans une semaine (le 23/06). On aura pu reconnaître les deux singles annonciateurs : "Underside of Power" et "Cleveland" et un remarquable morceau de fin de concert qui se termine en mode jazz-fusion avec Franklin James Fisher derrière un Fender Rhodes de circonstance rappelant les intentions psyche jazz d'un Keith Jarrett encadré par Miles Davis (période cellar door).

Un groupe remarquable, très politisé dans son expression et ses thèmes de prédilection, et qui se nourrit de la riche actualité anxiogène (Brexit, Trump) dans lequel ce second album semble avoir puisé sa source.

Il y a quelque chose de très profond avec leur musique et la voix est juste géniale...A suivre de près...

vendredi 7 avril 2017

Drinks au Point Ephèmère (6/4/17)


Drinks c'est le projet hirsute de Cate Le Bon et Tim Presley (plus connu sous le pseudo White Fence). Un véritable ovni qui déboula dans le cadre intimiste du Point Ephémère hier soir pour une performance véritablement enthousiasmante!

Difficile d'expliquer à quoi ressemble la musique des 2 compères. C'est assez libre, voire freeform, mais on pourrait, avec un peu d’imagination, penser à un Syd Barrett jamant avec Pavement dans un bol de krautrock... Barrett s'entend clairement dans ces voix monotones, perchées et capable de dérailler joliement. Pavement c'est pour le bordel organisé et dissonant en totale nonchalance et le krautrock pour ces sonorités et rythmiques bizarres, sombres et décalées...

Et on a bien eu tout ça hier et plus encore..  C'est vraiment rafraîchissant de voir des groupes comme Drinks qui jouent pour le plaisir de jouer. Pas de plan marketing, peu de promo (qui savait que ce concert avait lieu?), pas grand chose sur les réseaux sociaux... Il fallait venir, être présent et profiter de ce moment rare de partage d'un délire sans aucune prétention...

Sur scène, Cate le Bon attire les regards grâce à une présence et un charisme naturel. Le duo fonctionne vraiment bien avec un Presley plus effacé mais non moins ultra investi. La section rythmique enrobe parfaitement l'ensemble (la basse ronde et tout en déhanchement est ultra efficace).

Au milieu des déjà classiques "Focus on the Street", "Hermits on holiday" encore "Laying down Rock", quelques inédits qui permettent de rêver à un successeur rapide au premier essai datant de 2015... Wait and see...

Une soirée exquise!

A lire également quelques Pavement-itudes pour le plaisir...

mercredi 5 avril 2017

Ropoporose à Petit Bain (4/4/17)



Ca faisait longtemps que l'on avait pas attendu un concert avec tant d'impatience. En sortant, il y a quelques semaines, leur second album "Kernel, Foreign Moons", la fratrie Ropoporose (Romain/Pauline) nous a ébloui. Un disque vraiment fascinant, rempli d'idées, de tension rock et de mélodies addictives.

Sur ce second disque, on sent une grande maîtrise de leur sujet et un savant dosage d'influences diverses et variées. Si leur premier LP "Elephant Love" sonnait rempli de fraîcheur et d'enthousiasme, son successeur sonne de manière plus mature (malgré leur belle jeunesse) autant grâce à des compos soignées réussissant l'alliage improbable entre complexité des structures et évidence mélodique qu'à la qualité de l’enregistrement, notamment au niveau du son de batterie : brut, ample et spatial (avec l'apport à la prod de Thomas Poli).

En live, les attentes ne sont pas déçues. Le set est enlevé, puissant et on sent une vraie osmose entre le frère et la soeur. C'est communicatif! On pensait que sur scène, le duo simplifierait les chansons à l'essentiel. Que nenni, avec la technique éprouvée des loops en direct, Pauline additionne sur chaque morceau, les strates de guitares, et même de synthés, qui construisent l'univers singulier de Ropoporose. Une prouesse technique qui requiert une grande concentration. Un quasi sans faute si on excepte un loupé sur un morceau, il faut le dire, plutôt complexe...

Ropoporose a déjà à son répertoire un paquet de chansons immenses. Moira, Consolation ou 40 Slates du premier LP et les fabuleux nouveaux titres que sont Horses, Guizmo, Moon, Faceless Man et surtout l'immense None! De quoi régaler en live les aficionados d'un rock indé classieux, inventif et d'une grande sincérité.

Déjà l'un des grands moments de notre année musicale!

Pour finir, mention spéciale à Yacht Club, que l'on découvrait complètement en ouverture de la soirée. Les 4 tourangeaux sortent des sons totalement improbables avec leurs instruments (guitares, batteries et patchs, synthés) dans un style mélant math rock/electro voire weird world music.  Il y a une vraie recherche sonore et une envie certaine d'aventure sonique! Les titres plus rythmés soulèvent l'enthousiasme, on ne comprend pas trop ce qu'il se passe mais on est comme aspiré dans ce déluge sonore aux sonorités complexes mais au final presque évidentes... A suivre...