jeudi 26 mai 2016

Radiohead au Zénith (23 et 24/05/16)


Ca fait plus de 20 ans que ca dure! A chaque fois c'est la même sensation ou presque. La sortie d'un nouvel album de Radiohead provoque une sorte d'excitation frénétique teintée d'une angoissante question existentielle : seront-ils à la hauteur de leur légende? Et à chaque fois les oxfordiens réussissent à nous surprendre et au final à nous passionner comme au premier jour...

Bien entendu, A Moon shaped Pool, 9ième opus du groupe, ne déroge pas à la règle. Pas moins que cette double soirée mythique au Zenith de Paris les 23 et 24 mai 2016! En chanceux titulaires de tickets pour ces deux soirées événements on aura eu la chance de voir Radiohead pour la première fois dans une salle à taille humaine (après 5 Bercy et un Belfort). Pouvoir distinguer les expressions sur les visages des musiciens donne une impression de proximité qui facilite l'abandon dans la musique céleste du combo... Tout simplement.

Les deux soirées débutent de la même manière avec les 5 premiers titres du nouveau disque, enchaînés dans l'ordre. Sans l'apport du London Contemporary Orchestra, des titres comme "Burn the Witch" ou "Decks Dark" prennent une dimension organique et viscérale confondantes par l'entremise des guitares maltraitées par Johnny et Ed... Que dire du magnifique "Daydreaming" interprété dans un silence de cathédrale, quasi religieux... Les fans de Radiohead forment une vraie communauté. Ils sont là pour profiter pleinement de la chance qui leur est offerte de communier avec leurs hérauts!

Le premier soir aura été d'une belle intensité et malgré un petit creux en milieu de concert (une version fade de "No Suprises", un "Separator" ennuyeux et un "Gloaming" sans conviction), les belles surprises n'auront pas manqué d'électriser la salle. Tout d'abord avec l'hymne "My Iron Lung" tout en tension et cavalcades libératrices, un "Paranoid Android" toujours aussi bluffant ou un "Weird Fishes" aux aprèges magiques. Mais c'est bien l'éternel "True love waits", joués pour la 1ere fois en 95 et enfin posé sur disque avec ce LP9, joué en version piano par Thom avec les seules aides de Colin et Johnny, qui transperce les coeurs. Quelle beauté... Avant ce rappel final totalement inattendu, "just for the laugh" comme ricane Thom et le lancement de "Creep", plus joué par le groupe depuis 2009. Quoi qu'on puisse en dire ca reste une grande chanson dont la force tellurique et émotionnelle submergea un Zenith fou de bonheur. On termine avec l'immense "Pyramid Song"! Génial...

Le second soir fut plus constant dans l'effort. Pas de baisse d'intensité mais du coup moins de pics euphorisants si ce n'est ce triptyque inattendu et jouissif de titres rares : Airbag, Talk Show Host, Climbimg up the Walls. Le final, là encore est dantesque avec des versions furieuses de 2+2", "There There" et "Bodysnatchers" qui font monter la température d'un cran... Et cette fois on termine avec un "Karma Police" repris en choeur par un public aux anges...

Radiohead est définitivement le groupe le plus important de ces 20 dernières années...

A lire également : Radiohead à Bercy en 2012 (Soir#1 et #2) en 2008, the King of Limbs, le rôle de Radiohead dans les années 2000,

vendredi 13 mai 2016

Troy Von Balthazar au Supersonic (12/5/16)


Quel plaisir de revoir Troy Von Balthazar, le Héraut des temps modernes colportant la parole des vrais artistes dévouant totalement leur vie à leur art, loin de toutes considérations mercantiles. Son très attendu 4ième LP, Knights of Something, vient de sortir chez Vicious Circle et sa tournée française passait hier soir par le Supersonic à Bastille.

Réaménagée sur les cendres encore chaudes de l'Opa Bastille, le Supersonic est la salle indé qui monte. Un peu biscornu et bizarrement agencé (espace très réduit devant la scène, poteau et escalier tout proche...) le Supersonic propose une prog éclectique mélangeant artistes en développement et valeurs sures indé pour des concerts en accès libre. On avait eu l'occasion d'y voir récemment nos protégés de Chinese Robots  y mettre le feu...

Comme sur sa précédente tournée, Troy se produit désormais seul sur scène, armé de sa télécaster fétiche, d'une guitare folk et de quelques pédales d'effets. Jouer dans une salle où le public n'a pas payé sa place est toujours un exercice délicat... Il y a ceux qui viennent pour le concert, très nombreux dans le cas de Troy, est ceux qui se posent au bar et continuent de parler durant le show... Autant que dans le cadre d'une prestation intimiste ca devient vite une épreuve pour le musicien mais aussi les spectateurs... Je me souviens d'un concert à l'international avec Moslyve où le set était coupé en deux avec une première partie acoustique qui s'est vite transformée en épreuve avec le brouhaha constant en provenance du bar... Pas facile de se concentrer et de se lâcher pleinement dans un tel contexte... La suite du concert en électrique avait sonné comme une victoire lorsque la furie des guitares et de la batterie couvraient enfin le bruit des jacasseurs...

C'est dans ce climat quelque peu austère que Troy et son public ont du se débattre hier soir... Ne se laissant pas désarçonner, Troy a, comme d'habitude, donné tout ce qu'il avait, touchant la grâce par moments. Cette version du tube 'Astrid' avec passage son clair puis son saturé sur le refrain rappelait presque la hargne de Chokebore. 'Touch is meat' et ses paroles si lucides (everything is industry) aura touché les coeurs. Que dire du classique "I block the sunlight out" ou encore de cette reprise de Léonard Cohen... On aura meme droit à une surprenante reprise de Chokebore, "one easy pieces", sans micro, et qui du coup tomba un peu à l'eau avec le bruit constant en provenance du bar ("you're not listening")... Même chose avec le splendide "The Tigers", sans micro, plein d'émotions mais altéré par le manque de respect de certains...

Au final, Troy réussit l'exploit de donner une performance habitée et sans concession... Mais quelle dommage que ce grand artiste n'ait pas la notoriété qu'il mérite tellement et qui devrait l'amener dans des salles où la communion avec son public puisse se faire dans le respect mutuel que ce digne troubadour de notre temps mérite tant...

A lire également Troy Von Balthazar eu Point Ephémère en 2012 et 2010 et à la Machine du Moulin Rouge en 2011 ou encore dans nos Top 2012 et 2010 ou plus récemment avec the Color Bars Experience en 2015...




mardi 19 avril 2016

The Apartments au Café de la Danse (18/4/16)


Peter Milton Walsh est définitivement un artiste à part. Peu de musiciens peuvent se targuer d'avoir un tel magnétisme. Son aura, sa générosité authentique qui vous transperce le coeur auront illuminé une soirée en tout point fabuleuse au Café de la Danse hier soir.

Après une mini-tournée française triomphante en septembre dernier, pour présenter dans un groupe au complet le chef d'oeuvre inespéré "No Song, No Spell, No Madrigal", Peter est de retour avec les 2 musiciens français, Natasha Penot et Antoine Chaperon, en formule trio pour revisiter en acoustique le brillant répertoire de The Apartments.

En formation réduite, guitare acoustique, arpèges lumineux sur Gretsch de circonstance, choeur féminin et synthé curiste, la sauce prend instantanément. Dès leur premier morceau du setlist, on est à deux doigts de fondre en larmes. Cette version de "Swap places" est juste bouleversante, rien de moins. Peter commence fort avec quelques titres du dernier album, si chargé en émotions… Mais loin d'être une célébration de ce disque majestueux et de cette renaissance cathartique, le concert du Café de la Danse s'est vitre transformé en un fabuleux voyage sonique autour de la carrière du groupe.

Tous les titres emblématiques de The Apartments, et on pourrait dire d'un pan entier de la pop indé classieuse et intemporelle, auront été délivrés avec une grâce absolue. De l'inaugural "Sunset Hotel", premier morceau du premier LP, en passant par "Knowing you were loved", "All the time in the world now" ou encore les premiers 45T avec "Nobody like you", Peter nous prend par la main et nous fait vivre avec intensité l'histoire de The Apartments, son histoire, notre histoire…

Lés émotions vécues auront été fortes et tellement diversifiées. Les 3 compères donnent l'impression d'avoir toujours joué ensemble et quand on sait le peu de répétions qu'ils ont pu faire ensemble on en est d'autant plus bluffé… Peter Milton Walsh est magistral : touchant, présent, vivant…

En versions dépouillées, ces chansons gardent leur intensité (le "Goodbye Train" en rappel est un choc tellurique). La preuve que Peter écrit d'immenses chansons qui lui survivront… Une soirée exquise dont  on ressort avec un sourire jusqu'au oreille, touché par la grâce d'un homme assez exceptionnel…

A lire également The Apartments à la Gaité lyrique et haut dans nos classements 2015

samedi 2 avril 2016

Michel Cloup Duo et Zëro à la Maroquinerie (1/4/16)


Soirée exceptionnelle à la Maroquinerie avec les Release Party des nouveaux opus de Michel Cloup Duo et de Zëro, soit la fine fleur du rock vraiment indé en France… Vous l'aurez compris, le blog MRM est un peu en sommeil. Après 7 années de carnet de bord de nos virées nocturnes, la lassitude a gagné et on ne prend désormais la plume que pour faire partager des moments d'exception. Ce fut pleinement le cas hier soir!

10 and d'existence et un 5ieme album au compteur pour les lyonnais de Zëro. Le groupe désormais trio, depuis le départ de François Cuilleron, vient de sortir l'un des meilleurs albums d'obédience rock de l'année avec "San Francisco". Un disque qui démontre l'incroyable palette de sonorités et d'ambiance que maitrise parfaitement le combo. A chaque fois ils visent dans le mille avec la simplicité des gens vraiment doués. "Last bills for ladpance" commence avec une rage mordante avant de nous emmener vers une atmosphère tout en apesanteur. "Ich ein Groupie" sonne comme un tube indé qui, dans un monde normal, serait au sommet des charts, "Lac Baîkal" stupéfait par son duo synthés/mini moog inattendu, jusqu'au titre éponyme en mode free jazz… Monumental…

Eric Aldé, Franck Laurino et Ivan Chiossone ont l'air de mecs tout à fait normaux, alors qu'ils ont fréquenté 3 des meilleurs formations rock made in France (Deity Guns, Bastard et donc Zëro), 3 groupes cultes… Mieux encore, le choix du nom de leur album montre toute l'auto-dérision et le sens de l'humour des lyonnais (album enregistré sans leur pote François, surnommé Fransisco)… Sur scène, la maitrise n'empêche pas la transmission de pleins de sentiments différents durant cette heure de concert incandescent… Un groupe majestueux, tout simplement…

La soirée idyllique se poursuivit avec la performance intense et poignante de Michel Cloup Duo. L'ancien Diabologum mets littéralement ses tripes sur scène. C'est poignant, sincère et allié à une énergie dense focalisée sur le moment présent… On découvre sur scène le nouvel album "Ici et là-bas". La lucidité de "Nous n'arrivons plus à dire nous" nous sidère. La façon qu'à Michel Cloup de se dévoiler de manière très pudique tout en révélant quelque chose de nos vies et nos époques est déconcertante… Il faut avoir beaucoup de courage et de talent pour aborder des sujets aussi compliqués que l'immigration, nos racines, nos vies de citoyen sans tomber dans le pathos ou la leçon de morale… Il réussit cette prouesse avec brio.

Tel un funambule, Michel Cloup semble souvent tomber de son fil mais ne le fait jamais… La encore, comme pour Zëro, la maitrise est absolue. Michel utilise beaucoup de boucles qu'il enregistre et superpose en live. C'est réalisé avec brio et sans que la performance globale soit altérée alors que ça complexifie forcément l'exécution… Testant actuellement la formule duo guitare/batterie avec mon nouveau projet Amain Armé (du son très bientôt) j'ai forcément un grand respect pour ce que j'ai vu hier soir. J'en mesure toute la difficulté…

La grosse heure et demie de concert aura passé à une vitesse incroyable. Quasiment tout le nouvel album sera joué. On sent une évolution vers plus de diversité et  de variété de style abordés mais toujours avec excellence. On retiendra quelques moments de vérité troublants avec "La classe ouvrière s'est enfouie", "Nous n'arrivons plus à dire nous" et des titres plus anciens comme "Notre Silence" ou "J'ai peur de Nous"… La sincérité et la générosité du duo transperce nos âmes… Du rock d'aujourd'hui et du temps présent…

Une soirée inoubliable. A lire également Michel Cloup Duo dans notre top albums 2014 et du coté de Rock made in France les bio de Bastard et Zero.

lundi 28 décembre 2015

Best of 2015 : Classement MRM de 10 meilleurs Concerts



2015, une année de concerts moins remplie qu'à l'accoutumée (faute à une année difficile au taf et aux événements tragiques de novembre...) mais d'une intensité certaine et salvatrice... Encore une fois, ce sont vraiment ces expériences vécues qui justifient notre attachement sans borne à l'oeuvre musicale... C'est d'autant plus marquant et important que l'année 2015 fut difficile...

On avouera que la lecture dans la très belle revue Audimat de l'article de Drew Daniel (moitié de Matmos qui explique de manière convaincante l'incongruité et l'ineptie des tops de fin d'année) nous a aura presque convaincu de ne pas écrire ce post. Mais la tentation de partager ces quelques lignes et ces émotions ressenties toute l'année aura été plus forte... Et si il y a bien une année où il faut parler des sensations incroyables et indispensables ressenties en concert, c'est bien en cette tragique année 2015...

Cette année c'est Patricia Barber qui trône en tête de notre classement pour dignement succéder à Slowdive! Son concert au mythique club de jazz de Chicago, le Green Mill, le 17 aout dernier fut une merveille du genre. C'est sûr que les retrouvailles de votre dévoué avec la windy city préparèrent le terrain émotionnel à ce grand moment de musique. Comme à son habitude, Patricia et son tout nouveau quartet de jeunes talents, proposa un premier set plutôt classique, avec une prédominance de morceaux en mode jazz vocal où l'artiste attire pleinement la lumière. Le second set fut plus libre et spontané avec de jouissives phases d'improvisation d'un quartet déjà au sommet de son art... Une soirée délicieuse.

On attendait avec un mélange d'impatience et d'inquiétude le concert si particulier de The Apartments à la Gaité Lyrique. Peter Milton Walsh allait-il réussir à retranscrire dignement toute l'émotion si poignante qui émane de l'écoute de "No Spell, No Song, No Madrigal" (Album #2 de notre classement 2015)... Ce fut une perfection de bout en bout... Une soirée rare...

Le retour de Ride à L'Olympia était également fermement attendu et on n'a vraiment pas été déçu. Quelle baffe, et le tout sans prendre une ride, ou presque... Dans la catégorie retour inattendu et tellement jouissif, Blur aura rendu une copie impeccable au Zenith! Viet Cong aura confirmé en live, au point Ephémère, tout le talent qui les a propulsé #1 de notre Top Albums 2015.

Noel Gallagher nous aura donné des frissons au Zenith avec notamment une version laidback de Champagne Supernova à pleurer... Toute la puissance tellurique de Godspeed You Black Emporor se déversa dans le Grand Hall de la Villette pour un set impressionnant.

Le grand habitué de nos classements de fin d'année, Monsieur Troy Von Balthazar, ne loupe pas le coche cette année grâce au magnifique concert donné par The Color Bars Experience à la maison de la Radio (à l'invitation du label Pop de Vincent Théval). Leur ré-interprétation émouvante du dernier album d'Elliott Smith, Figure 8, nous rappelle à quel point Elliott était un artiste à part, et tellement regretté...

La découverte de notre fin d'année 2014, Kori (dans notre Top #5 EP 2014) a réussi la prouesse de nous emballer à l'Espace B en février, pour le premier vrai concert du groupe, puis au Point Ephémère quelques semaines plus tard... on souhaite le meilleur au leader du groupe, Ori di Vincenzo dans sa nouvelle aventure londonienne et on attend avec impatience la suite de ses aventures sous l'alias Kori... Un vrai talent en devenir...

Le meilleur groupe français du moment, J.C. Satan à démontré à la Maro que le trône leur appartient tandis que le shoegaze de No Joy au Pop up du label nous aura fasciné...

1. Patricia Barber au Green Mill, Chicago (17/8/15)
2. The Apartments à la Gaite Lyrique (23/9/15)
3. Ride à L'Olympia (27/5/15)
4. Blur au Zénith (15/6/15)
5. Viet Cong au Point Ephémère (9/2/15)
6. Noel Gallagher au Zenith (12/3/15)
7. Godspeed You Black Emporor au Pitchfork Festival (29/10/15)
8. Color Bars Experience à la Maison de la Radio (2/5/15)
9. Kori au Point Ephémère (20/3/15)
10. J.C. Satan à la Maroquinerie (11/12/15)
10. No Joy au Pop up du Label (3/10/15)

A lire également notre Top 10 Albums 2015, ainsi que les Top Concerts 2014, 2013, 2012, 2011 et 2010.

mercredi 16 décembre 2015

Best of 2015 : Le classement MRM des 10 meilleurs albums



Commencée par Charlie, terminée par un petit problème de santé et entre les deux la perte d'un ami et une tuerie dans une salle de concert… C'est ce que l'on appelle une bonne vieille année de merde… Coté MRM, 2015 aura également vu la fin de l'aventure du label Mind Riot Music, en tous les cas dans sa version lancée en 2010… Après 5 belles années à se battre pour faire exister de beaux projets (les 2 compilations, les disques de Moslyve et Chinese Robots) les caisses sont vides et il est donc temps de sonner la fin de la récréation. La vie du label en tant que producteur d'objet physiques vinyles ou CD est terminée... 2015 morne plaine…

Mais aucune raison de s'apitoyer sur son sort. Nous sommes encore vivants et les bons moments passés doivent rester les aiguillons de notre futur. Les souvenirs de ces expériences partagées ranimeront la flamme et le phénix renaitra de ses cendres, sous une autre forme certainement… Et peut être plus vite que prévu autour du rock dur d'un duo guitare/batterie de 2 anciens du groupe qui fut à l'origine de la naissance du label?… C'est une autre histoire qui s'écrira peut-être, ou pas, en 2016…

Revenons à cette année musicale 2015! Encore plus que d'habitude, la musique aura été cette bouée de sauvetage, cette bouffée d'oxygène qui nous aura fait surmonter ces épreuves difficiles… En cela, 2015 restera une année Zik qui compte, très certainement…

Après Burning Alms, l'année dernière (qui malheureusement est en stand-by jusqu'à nouvel ordre) c'est un groupe canadien de Calgary, Viet Cong, qui décroche la timbale! Ils mélangent tout ce que l'on adore dans le rock indé : des chansons à tiroirs complexes et jouissives passant, dans la même chanson, du post-punk agressif au psychédélisme béat d'un Syd Barrett incorporant des harmonies beach boysiennes, des sons bizarres, des dissonances, une énergie frontale et libératrice… L'album de l'année, digne successeur des Burning Alms, Deerhunter, Godspeed, The Horrors, TVB

Peter Milton Walsh nous aura fait pleurer tout en nous réconfortant tout au long de l'année avec son album inespéré qui nous rappelle que de toute tragédie peut sortir une immense beauté! "No Song, No Spell, No Madrigal" #2.

Sur le podium, l'éternel Noel Gallagher n'a pas perdu son aura de songwriter pop d'exception et rajoute quelques perles à sa belle collection (Dying of the light, Riverman)…

Les vainqueurs du Mercury Prize 2014, Young Fathers, confirment avec un excellent second LP au nom très engagé (White Men are Black Men too) qui mixe à merveille hip-hop innovant, voix pop et énergie rock. Après un album rentre-dedans au son crade (#1 de notre top en 2013), Deerhunter revient avec leur album le plus pop, tout le contraire de Wilco qui sort un disque surprise cet été qui part dans plein de directions alambiquées et surprenantes : une cure de jouvence…

Le joli label indé du Mans, Cranes Records, a eu le nez creux en sortant cette année pour la France, le premier disque vinyle (sorti aux US en 2014) de The Spirit of the Beehive. En 2 écoutes on est tombé amoureux du son shoegaze et atmosphérique du groupe… Une vraie drogue (on se passe Don't en boucle sans aucune lassitude…). Suuns s'associe à Jerusalem in my Heart pour produire un disque barré mélangeant IDM et Krautrock. Bluffant! Kendrick Lamar a mis la planète à genoux et JC Satan démontre enfin sur disque toute l'étendue de leur palette : un must...

MRM TOP 2015 Meilleurs Albums

1. Viet Cong
2. The Apartments : No Song, No Spell , No Madrigal
3. Noel Gallagher : Chasing Yesterday
4. Young Fathers : White Men are Black Men Too
5. Deerhunter : Fading Frontier
6. Wilco : Star Wars
7. The Spirit of the Beehive
8. Sunns + Jerusalem in my Heart
9. Kendrick Lamar : To pimp a butterfly
10. JC Satan

MRM Top 5 Songs

1. The Spirit of the Beehive : Don't
2. Noel Gallagher : The Dying of the Light
3. Deerhunter : Breaker
4. Kurt Vile : Pretty Pimpin
5. The Apartments : Swap Places

A suivre le MRM TOP 10 Concerts 2015 et à lire également les Tops 2014, 2013, 2012, 2011, 2010

jeudi 24 septembre 2015

The Apartments à la Gaité Lyrique (23/9/15)


Une soirée délicate et délicieuse avec The Apartments à la Gaité Lyrique : Inespéré et tellement revivifiant… Découvrir sur scène le mythique disparu Peter Milton Walsh fut à la hauteur de nos espérances… Quelle soirée…

Quand on sait que Monsieur Walsh s'était totalement retiré de la musique depuis la mort de son jeune fils en 1999, l'écoute d'un nouvel album de ce songwriter génial et encore mieux une tournée de promotion du dit album paraissent irréel… Ce qu'il est encore plus c'est l'incroyable émotion tout en retenue et en pudeur qui se dégage du personnage, aussi bien sur disque que sur scène…

"No Song, No Spell, No Madrigal" est totalement tourné autour de cette tragédie qui voit un parent enterrer son enfant. Peter réussit la prouesse de rester touchant, sincère et émouvant sans jamais tomber dans le pathos ou le misérabilisme… Tout en retenue et en finesse, il dépasse et transcende ses douleurs pour nous livrer une véritable oeuvre d'art… Bouleversante et chargée. Troublante et réconfortante à la fois…

Sur scène, l'émotion reste intacte… Sur certains titres, un frisson parcourt notre corps (dès l'intro de basse magique de "No Song, No Spell, No Madrigal", "Twenty One" et cette ode poignante à son fils et à ce que l'avenir n'apportera pas, "Swap Places" et son mantra si éloquent…). C'est beau tout simplement… Tout l'album sera joué dans l'ordre avant que quelques pépites du fabuleux répertoire de l'australien ne viennent égayer la soirée et rappeler à quel point Peter Milton Walsh fut et est un grand musicien…

Mention spéciale à "Mr Somewhere" et le grand "Goodbye Train" qui devra forcément faire l'objet d'un prochain épisode de notre saga Best Song Ever...

lundi 22 juin 2015

"Underground Revolution (part 76)" : Que sont-ils devenus?


Il y a tout juste un an sortait en vinyle la 2nde compilation Mind Riot Music, "Underground Revolution (part 76)". 12 mois après que sont devenus les Burning Alms, Chinese Robots, Teach Kids Manners, Chinese Army, Moslyve, Lys last Stand, A Free Soul ou encore Love Supreme Dissidents...?

Conçue comme un manifeste, cette seconde compilation estampillée Mind Riot Music après l'inaugurale "Time Machine Collection : Volume I" de 2010, se voulait "comme une célébration de l'esprit d'indépendance et du do it yourself de 1976" tentant de "rassembler les groupes à suivre d'un nouveau mouvement qui se dessine" comme le faisait remarquer Eric Delsart dans la rubrique Vinyle de ROCK & FOLK.

"Brut de rock" dixit ROLLING STONE, "Radicalisme de la proposition" pour VILLA SCHWEPPES, "Indomptable, inclassable" pour SONGAZINE, "A l'écart des circuits habituellement fréquentés" pour ALBUMROCK, la compilation MRM a reçu les faveurs de la critique, allant jusqu'à une mise en avant sur les ondes des radios FERAROCK en septembre 2014…



Un an après les (mé)faits, où en sont les groupes participants? Petite revue d'effectif...

BURNING ALMS

Le duo de Birmingham, trio en live, avait enflammé l'Espace B en juin 2014 avec leur rock coup de poing lors de la double Release Party de la compilation. Un tout premier concert sur le continent dont ils ont tiré un joli documentaire (voir ci-dessous). Quelques semaines plus tard ils sortaient leur premier album sur le vénérable label indé UK "Smalltown America". Un très bon accueil outre-manche et quelques concerts fiévreux de plus auront couronné une grande année 2014 pour Burning Alms (#1 TOP 10 albums MRM 2014). Aux dernières nouvelles, le groupe serait en mode pause. Le batteur, Thomas Whitfield en profite au passage pour tenir les fûts derrière False Grails dont les premiers morceaux entendus, sorte de post-punk groovy, nous donnent envie d'en savoir plus très vite. Tom oeuvre également en solo électro sous l'alias Simmple Eyyes



CHINESE ROBOTS

Les vedettes de la compilation, présents avec un tube électrique et excentrique en Face A, et deux titres acoustiques célestes en Face B, ont continué de sillonner leur chemin aventureux avec l'aide du label MRM. En novembre 2014 sortait le 25 cm vinyle (10-inch) "Halo Future", un EP audacieux et brillant qui aurait mérité plus de reconnaissance. En avril dernier, les 5 impétrants mettaient enfin sur disque une vision revue et corrigée en acoustique de leur propre entité : "Memory of the Shapes". Un nouvel essai bluffant. Après une poignée de EP, Chinese Robots va enfin franchir le pas d'un long format et travaille en ce moment sur leur premier album; Ce secret si bien gardé de l'underground parisien aura laissé une trace magnifique sur le label MRM et ne devrait pas tarder à éclater au grand jour…



TEACH KIDS MANNERS

Le jeune trio parisien avait épaté la galerie avec YATAWW, leur titre de pop électronique aérien et presque féérique sur la compilation MRM. Début juillet 2014, ils sortaient en auto-prod leur premier EP via Bandcamp (dispo depuis quelques semaines sur toutes les plateformes digitales) : HTKM. Début 2015 ils ont fait la première partie de Julien Doré sur plusieurs dates de sa tournée, jouant devant plusieurs milliers de personnes... Teach Kids Manners travaille actuellement sur son second EP.



CHINESE ARMY

Le duo parisien continue, pas à pas, son ascension. Signature pour le digital chez Believe, double page dans ROCK & FOLK après que Philippe Manoeuvre soit tombé sous le charme du duo, puis nouvel EP sorti à l'automne. L'armée chinoise n'a pas chômé après la sortie de la compilation. En 2015, toujours pas mal de concerts (dont une première partie des Chameleons à Petit Bain) et un premier album en préparation, celui de la consécration?



MOSLYVE

Le groupe par lequel le label MRM naquit (et périra) a sorti son 3ième et ultime album en avril dernier sous la forme d'un triptyque décliné en 3 disques. Magic, qui supporte le groupe depuis ses débuts discographiques en 2010 a une nouvelle fois salué l'effort et quelques chroniques sur le web, parfois dithyrambiques (ADA, Musiczine, Froggy's Delight), sont venues rendre un dernier hommage au groupe au cœur de l'aventure Mind Riot Music…



Parmi les autres participants, on retiendra que Lys last Stand a mixé le dernier volet du triptyque Moslyve (Faith in the Sound), le plus audacieux (voire le plus fou). Groupe éclaté entre Chicago, Paris et Sydney, Love Supreme Dissidents semble s'être enlisé et on est sans nouvelle de A Free Soul…

Allez on se ré-écoute ce petit moment d'histoire…

mardi 16 juin 2015

Blur au Zénith (15/6/15)


On enchaîne les concerts d'exception depuis quelques semaines et c'est donc avec un réel plaisir que l'on se doit de ré-animer le blog MRM (au moins un temps) pour partager ces instants de bonheur... Après 12 ans d'absence à Paris et un concert à L'Olympia, 6 mois après le Bataclan, pour la tournée "Think Tank" (sans Graham Coxon donc), Blur était en fin de retour dans la capitale.

On avait quitté les porte drapeaux de l'esprit britpop, lors d'un concert mémorable au Théatre Antique de Fourvière en 2009 pour leur reformation surprise (seule date en France de l'époque). Et c'est pour promouvoir la sortie de leur inespéré 8ième LP, The Magic Whip, que Blur fait escale au Zenith de Paris... On ne pouvait manquer cela pour rien au monde...

La foule, compacte, est étrangement assez variée en terme de maturité. Beaucoup de fans de l'époque qui sont proches de la quarantaine mais aussi pas mal de plus jeunes... C'est plutôt rassurant. Et ca démarra sur les chapeaux de roue avec l'un des meilleurs titres du nouvel album : Go Out! Ca pétarade, la guitare de Graham Coxon part dans tous les sens, la basse d'Alex James chaloupe le beat tandis que Damon Albarn harangue déjà la foule et la pousse à lâcher prise... Le son est nickel et le voyage peut commencer...

La moitié du nouvel opus sera joué. On retiendra le troublant "Thought i was a Spacemen" qui instaure une atmosphère céleste et intimiste vraiment bluffante, l'introductif "Lonesome Street" (single de l'année selon Liam Gallagher, qui l'eut cru!) et le punkisant "I broadcast". On sera déçu de ne pas entendre le génial "There are two many of us" mais on sera vite consolé par le reste d'un setlist aux petits oignons.

Damon et sa bande ont l'intelligence de piocher dans chaque époque du groupe et donnent ainsi à entendre la très large palette des émotions et des courants que Blur a réussi, souvent avec brio, à embrasser. L’inaugural Leisure est representé par le baggy "There is no other way", Modern Life is Rubbish par le très David Bowie "For Tomorrow" tandis que c'est évidemment l'album britpop par excellence, Parklife qui se paie la part du lion avec 6 titres joués dont les tubes imparables (Girls & Boys, Parklife, This a Low) et quelques perles oubliées dont "Message in the touble center"...

Bien sûr, nos oreilles d'indie kids, frétilleront au son de "Beetlebum", "Song 2", de l’expérimental et unique "Trimm trab" ou de l’envoûtant "Out of time"... Mais Blur a été tellement pertinent à chaque étape de sa vie musicale que c'est vraiment le concert dans son intégralité que l'on retiendra...

Les anciens branleurs des 90's n'ont rien perdu de leur enthousiasme et de leur don du partage. Ils vieillissent admirablement bien et c'est déjà en soit un sacrée leçon...

A lire également Blur à Fourvière, Graham Coxon au Café de la Danse ou encore Damon Albarn en solo ou avec Gorillaz... Et Blur en Best Song Ever bien sûr...

dimanche 14 juin 2015

Young Fathers à la Maroquinerie (13/6/15)


Excellente prestation hier soir à la Maroquinerie des écossais de Young Fathers, valeur montante et futur immense groupe on n'en a aucun doute!

C'est clairement leur victoire inattendue au prestigieux Mercury Prize britannique en novembre dernier qui nous a appris (et à beaucoup d'autres personnes) l'existence de cet intriguant groupe d'hip-hop expérimental (pouvait-on lire dans les gazettes…).

Et c'est vrai que leur musique est totalement hybride. D'obédience hip-hop old school mélangé à de savantes influences pop, R&B et Soul, "Dead", leur premier album victorieux du Mercury Prize est un OVNI. Leur second LP sorti récemment, "White men are black men too" (quel titre!), prolonge les expérimentations de ces laborantins en intégrant de belles séquences influencées par le rock pour donner un disque remarquable, bluffant de fraicheur et d'inventivité.

On avait donc hâte de découvrir les phénomènes sur scène. On n'a pas été déçu. C'est évidemment le mariage des 3 voix (souvent en harmonie) qui donne ce coté céleste et pop à Young Fathers. La rythmique et les synthés (samplés pour la plupart sur scène) font tantôt penser au hip-hop des 90's au post-punk ou au rock indé…

Le rendu en live est ultra tribal (The Queen is dead, Old Rock N roll) souvent sombre mais avec ces moments de magie et de beauté dans la crasse (War). Ca oscille entre énergie ravageuse (Rain or Shine) et euphorisante (Shame), que ne renieraient pas les punks de la grande époque, et moments d'une beauté céleste avec ces 3 voix mêlant pop, soul (Sirens) et parfois presque du gospel…

En petit bémol, on remarquera que le son n'a pas été toujours à la hauteur de la prestation et on a senti que l'ingé son avait galéré pour bien faire ressortir les voix dans le maelström rythmique (batterie live + sample), mais les réglages furent plus précis au fil du concert. Mais ne nous y trompons pas, Young Fathers c'est l'avenir!!! Et avec un vrai groupe de scène derrière eux, ils vont tout casser...

dimanche 31 mai 2015

RIDE à l'Olympia (27/5/15)


A évènement exceptionnel, réponse exceptionnelle… On avait un peu délaissé, volontairement, le blog MRM ces derniers temps mais la réformation et la venue de RIDE à l'Olympia ne pouvait être passée sous silence… Surtout après une telle prestation et les intenses émotions ressenties ce soir là…

Après les retours sur scène convaincants et inespérés des maitres shoegazing My Bloody Valentine et Slowdive et la tournée Psychocandy des Jesus & Mary Chain l'année dernière, il ne manquait plus que le chainon manquant : les Oxfordiens de RIDE.

Emmenés par deux songwriters hors pairs, Mark Gardener et Andy Bell, le groupe avait créé la sensation au tout début des années 90 avec une poignée de EP remarquables et un premier LP, sorti sur le label d'Alan McGee Creation Records, en tout point parfait. Nowhere était en effet la parfaite synthèse de la pop des Beatles et du mur du son de distorsion, mêlant chaleur et dissonance, amené par Jesus & Mary Chain (Psychocandy) et poussé dans ses retranchements les plus fous par My Bloody Valentine (Loveless)…

Et la presse britannique parlait, bien entendu du groupe d'Oxford comme des nouveaux Beatles, rien de moins… Le mouvement shoegaze, qui dura quelques années (89-94) fut englouti par la britpop mais on aura tort de penser à une vague en balayant une autre. On pourrait même dire que le shoegaze en fut en fait le précurseur… A l'écoute des premiers LP de Blur (Leisure) et Radiohead (Pablo Honey) l'influence du RIDE des débuts est évidente. Si les frères Gallagher ont piqué le son des Mary Chain pour fomenter "Definitely Maybe", ils ont poursuivi le chemin arpenté par RIDE en mélangeant mur du son et mélodie pop mais en y apportant la hargne des Stooges…

RIDE fut donc un acteur central de l'histoire de la guitare au Royaume-Uni et leur retour n'en était que plus attendu… Et très clairement, leurs chansons n'ont pas pris une ride, en tous les cas pour ce qui concerne la première partie de leur discographie de 89 à 92. On a tous oublié les 2 LP sortis après leur second effort (Going Blank Again) presque aussi éblouissant que "Nowhere"… Et c'est fort à propos que ces 2 disques sont presque oubliés du set-list de leur reformation. En délaissant la noisy pop de leur débuts pour un songwriting plus classique et vintage, RIDE avait perdu sa spécificité et donc sa pertinence…

Et à l'Olympia, ca démarre sur les chapeaux de roue avec l'un de leurs titres phares, "Leave them all behind" qui introduit à merveille la soirée magique que l'on va passer. 8 minutes dans un dédale de strates de distorsions ajoutées au fur et à mesure d'un final instrumental totalement envoutant… Waouh… S'en suit l'un des tous premiers titres du groupe, "Like a Daydream", avant le diptyque impérial issu de Nowhere avec les incroyables "Polar Bear" et "Seagull". La noisy pop originelle dans toute sa splendeur. Derrière les futs, Loz Colbert impressionne avec ses descentes de toms jouissives. Le son est impeccable, chaque instrument s'entend de manière distincte et les harmonies vocales de Mark et Andy sont au diapason (et rappellent tout ce qu'ils sont allés chercher du coté des Beatles et des Byrds). 

C'est tout un pan d'histoire qui se rappelle à nos bons souvenirs. Ces chansons restent intemporelles et les Oxfordiens ont la maitrise et l'expérience pour les retranscrire dans toute leur splendeur. On sent un groupe soudé et vraiment au point et les 25 années passées depuis leurs débuts sont rapidement oubliées. Force, impact, présence et engagement. Un set parfait.

Sans surprise on atteint des sommets d'extase avec Dreams Burn Down, Paralyzed et l'hymne Vapour Trail… Et que dire de ce final bruitiste de plusieurs minutes sur Drive Blind… Epoustouflant… Seul bémol, un rappel vite expédié avec un titre seulement, le premier du 1er Ep : Chelsea Girl…

Une magnifique soirée et un souvenir ému pour le label Mind Riot Music tant le son de "Nowhere" aura hanté les sessions d'enregistrement du premier disque de Moslyve,  "Nothing to lose" (premier disque sorti par le label en 2010) et surtout le second, "Slave to modern age" enregistré dans le studio de Nicolas Leroux (Overhead)… Toute une histoire...

mardi 10 février 2015

Viet Cong au Point Ephémère (9/2/15)


Ca faisait bien longtemps que l'on n'avait pas attendu un premier concert avec une telle impatience... La faute à un disque brillant sorti il y a 15 jours par les canadiens de Viet Cong. Premier album (où second EP) éponyme avec tout ce que l'on adore à l'intérieur. Des mélodies accrocheuses mais stylées, du vacarme, du bruit, des moments en apesanteur et des changements de rythmes et d'ambiances totalement déboussolant et jouissif... Première hier soir dans un Point Éphémère rempli à rabord...

Un groupe qui fourmille d'idées et les placent toutes dans leurs chansons. Ca part dans tous les sens mais ca reste d'une cohérence confondante... Une sorte de folie maîtrisée, dark, maniaco dépressive et tellement représentative de nos années digitales...

Viet Cong démarre son set avec les deux morceaux d'ouverture de leur premier EP, Cassette, avec les sautillants et très Clash "Throw it away" et "Unconscious Melody". Un magnifique départ pour attraper le chalan et préparer les déflagrations post-punk et noise du nouveau disque...Avec des titres comme "Silhouettes" ou "Bunker Buster" tout en tension et en circonvolutions, la salle prend feu... Et que dire du Single "Continental Shelf" à la mélodie entêtante et addictive... Du pur Viet Cong...

Un concert assez impressionnant qui s'est terminé par leur morceau de bravoure "Death" étalé sur presque un quart d'heure et construit en tiroir ou plutôt en poupées russes... Un labyrinthe émotionnel rempli de guitares tour à tour flamboyantes et incendiaires... Un must absolu!

On a déjà hâte de les revoir sur scène...

dimanche 8 février 2015

Kori à l'Espace B (6/2/15)


Notre dernier coup de coeur en date (classé dans notre TOP 5 EP 2014), les parisiens de Kori donnaient leur premier concert en formation à 4 dans la salle indé parisienne de référence l'Espace B… Et c'était bien entendu immanquable!

Leur EP, Darkness Visible, sorti l'année dernière, nous avait carrément emballé, et l'impatience était grande de voir enfin Kori sur scène. Alors que ce disque avait été fomenté dans son home studio par Ori, tête pensante du combo, avec le soutien de son pote bassiste Jérémy, Kori est désormais un solide groupe live avec l'apport d'un batteur imposant et métronomique et d'un second guitariste assez précis.

Le début du show est un peu chaotique, on sent le groupe assez stressé… 2 nouvelles chansons sont balancées, plutôt rock et avec du potentiel (la basse groovy mène la danse) mais on a du mal à percevoir la voix et l'impression d'ensemble reste mitigée… Peu à peu le combo se détend et on sent l'alchimie prendre forme…

Après 3/4 titres, Ori débute seul une chanson, que l'on découvre… Et là, grosse décharge, le chanteur se lâche réellement, le reste du groupe le suit et le concert prend tout d'un coup une autre dimension… Une fois la vitesse de croisière atteinte, Kori nous embarque complètement dans son univers singulier aux guitares  lascives et aux arpèges enchanteurs qui apportent une lumière salvatrice et revigorante…

Ce ne sont encore que les débuts du groupe et il y a encore quelques réglages à effectuer mais l'intensité émotionnelle est déjà là! Un groupe à suivre de près!

A découvrir en live au 114 le 17 avril prochain en première partie de Moslyve dans le cadre de la Release Party du 3ième album du groupe… Une soirée immanquable à double titre…

A lire également Kori dans notre TOP EP 2014. Et à écouter ICI.

lundi 22 décembre 2014

Best of 2014 : Le Classement MRM des 10 meilleurs Concerts



On continue la revue de l'année 2014 avec la raison d'être de ce blog : les Concerts… Ca fait maintenant 7 ans qu'on s'amuse à relater nos émotions nocturnes autour de quelques artisans triés sur le volet (oui on paie nos places à chaque fois donc on sélectionne) qui auront décidé d'essayer de nous faire vibrer l'espace de quelques minutes, de quelques instants…

Cette année, c'est le retour de Slowdive qui nous aura estomaqué… A la Villette et plus encore à la Route du Rock, Rachel, Neil and Co auront réussi à nous emmener loin… Très loin… Une double baffe assez ahurissante qu'on est pas près d'oublier…

Dans un tout autre registre mais tout de même dans un même esprit rêveur et contemplatif, Darkside aura ébloui l'Olympia avec leur electro blues ultra moderne!!!

A l'Espace B, lors de la Release Party de la compilation Mind Riot Music #2, les anglais de Burning Alms nous auront donné un tout autre type de baffe. On pourrait même parler d'uppercut tellement leur son, leur hargne et leur percussion auront fait vibrer les murs de la salle indé parisienne de référence… Une vraie décharge d'énergie revigorante! Un grand Bravo…

Les Liars, fidèles à leur réputation, ont embrasé la Machine et répandu dans la salle leur folie communicative si grisante. On aura aimé la sensualité et la douceur de Warpaint au Trabendo.

Que dire des habitués de notre classement Concerts : Le Brian Jonestown Massacre de Monsieur Anton Newcombe. Leur passage au Bataclan aura été sensationnel!!! Un bonheur partagé! Johnny Marr a définitivement gagné ses galons de frontman tandis que Suuns aura livré une prestation comme on les aime… Blonde Redhead en live reste une référence tandis que la noirceur chaleureuse des Warlocks reste tellement éloquente en live…

MRM TOP 10 CONCERTS 2014

1. Slowdive à la Route du Rock (15/8/14)
2. Darkside à l'Olympia (23/3/14)
3. Burning Alms à l'Espace B (26/6/14)
4. Liars à la Machine du Moulin Rouge (9/10/14)
5. Warpaint au Trabendo (20/1/14)
6. Brian Jonestown Massacre au Bataclan (21/5/14)
7. Johnny Marr au Trabendo (3/11/14)
8. Suuns à la Gaite Lyrique (1/10/14)
9. Blonde Redhead au Trianon (22/9/14)
10. The Warlocks à la Maroquinerie (28/2/14)

Pas loin du Top 10 : Real Estate à la Route du Rock, Arcade Fire au Zenith, The Jesus and Mary Chain à la Cigale, Popstrangers à L'Espace B, Helmet à la Flêche d'Or et Mogwai à l'Olympia… 7 ans c'est long, faudrait peut être penser à passer à autre chose…

A lire également le Best of Albums 2014 et les classements Concerts 2013, 2012...

samedi 13 décembre 2014

Best of 2014 : Le classement MRM des 10 meilleurs albums



Encore une année qui se termine sans qu'on ait eu le temps de la voir passer… Pleinement impliqué dans cette foison musicale 2014 par l'intermédiaire du label, on essaie de prendre un peu de recul pour marquer les jalons de notre année musicale… Un exercice de style un peu désuet mais qui a au moins le mérite de nous obliger à réfléchir sur ces 12 mois écoulés…

Avec le label, le projet qui aura mobilisé une bonne partie de notre énergie (et de nos ressources) aura été cette seconde compilation sortie en juin "Underground Revolution (part 76)". De la conception du disque jusqu'à l'organisation de la Double Release Party à l'Espace B, en passant par la promotion, on aura passé un temps fou à mobiliser les énergies pour que le projet voit le jour dans de bonnes conditions… Pour un résultat artistique au delà de nos espérances, que ce soit sur le disque en lui-même ou lors de la Release Party à l'Espace B… Avec quelques bonheurs promotionnels avec cette chronique dans Rock & Folk ou cette annonce sur Rollingstone.fr ou encore la mise en avant sur les radios Ferarock… Financièrement c'est une autre histoire… Mais c'est malheureusement le lot de tous les projets indé. Difficile de survivre à long terme pour les petits labels indé… Le label Mind Riot Music fêtera ses 5 ans en 2015, histoire de finir en beauté… Mais on aura l'occasion d'en reparler…

Revenons à nous coups de coeur musicaux 2014… Alors qu'en 2013, 5 albums se tenaient dans un mouchoir de poche, cette année c'est le combo de Birmingham Burning Alms qui décroche la palme, loin devant les autres… Le single "So Unreal" sorti fin janvier sur leur Bandcamp nous aura fait chavirer d'entrée de jeu et il était dès lors évident que Thomas et John devaient faire partie du casting de la seconde compilation du label qui n'était encore à ce moment là qu'un projet… De fil en aiguille, "So Unreal" s'est retrouvé sur la Face A de la compile et Burning Alms en venu jouer son premier concert en France dans le cadre de la Release Party à l'Espace B en juin. Quelques semaines plus tard, ils sortaient leur premier album via le très appréciable label UK Smalltown America. "In Sequence" est un grand disque qui n'a de cesse d'emmener l'auditeur dans un rollercoaster émotionnel sensationnel… Heavy, punk et hardcore par moments (So Unreal, Mid-Storm, Forest Clearing), aérien et contemplatif  (Night climates, Lapse in White) ou encore dépouillé et planant (The Pastoral, The Periphéry) à d'autres moments, "In Sequence" est plein de ressources et s'appuie sur une palette élargie qui démontre tout le talent d'un groupe qui ira loin…

Avec ce second album éponyme, les 4 filles de Warpaint réussissent à imposer leur propre style tout en délicatesse et sensualité : un régal. Le neveu d'Alice Coltrane, Flying Lotus, impressionne avec un album à la production d'une grande modernité et à un subtile mélange de Jazz, d'électro et de Hip-hop. Un joli podium 2014…

Le premier vrai album solo de Damon Albarn n'aura pas déçu. Avec minimalisme et épure, il se dévoile et met en son sa mélancolie si britannique. Les 3 allumés de Liars réussissent à surprendre encore avec un disque hallucinant mélangeant leur univers farfelu à des sonorités techno et acid-house : incroyable… Michel Cloup Duo nous saisit par sa franchise, sa force brutale mais intimiste et réussit à nous faire redécouvrir le concept archi usé basse-guitare-voix : Sublime et intense…

Childhood nous aura fait rêver avec sa pop shoegaze tandis que les français de Dead Horse One signent un surprenant disque de psychédélisme made in France produit par l'ex Ride Mark Gardener : du bel ouvrage! Alt-J remplit désormais les stades et commence à diviser la critique mais la fraicheur et la candeur de leurs morceaux nous auront touché en 2014. On attendait Mogwai un peu plus haut dans nos coeurs mais Rave Tapes, malgré quelques moments géniaux, est moins constant dans l'effort que leurs productions récentes… Arthur Beatrice accroche in extremis un strapontin au tableau d'honneur 2014 avec un album de pop à l'ancienne très bien produite...

TOP 10 MRM BEST ALBUMS of 2014

1. Burning Alms : In Sequence
2. Warpaint : Warpaint
3. Flying Lotus : You're Dead
4. Damon Albarn : Everyday Robots
5. Liars : Mess
6. Michel Cloup Duo : Minuit dans tes bras
7. Childhood : Lacuna
8. Dead Horse One : Without Love We Perish
9. Alt-J : This all Yours
10. Mogwai : Rave Tapes
10. Arthur Beatrice : Working Out

Tout près du Top 10 : François & The Atlas Mountain, Real Estate, Thom Yorke, Popstrangers, Blonde Redhead, The Dead Mantra, Aphex Twin, The Notwist, Mustang, I love you but I've chosen Darkness…

TOP 5 MRM BEST EP of 2014

On démarre ce classement des meilleurs EP 2014 avec le disque hors catégorie qui est forcément pour nous le meilleur de l'année : "Halo Future" de Chinese Robots… Comme le disque est sorti via le label, on ne peut décemment pas le classer dans notre TOP EP 2014… Et pourtant, avec ce magnifique 25 cm Vinyle (dispo ici) PH Perromat et sa bande ont accouché d'un grand disque qui les fait clairement passer dans une nouvelle sphère…

Mais un Chinese en cachant un autre, c'est Chinese Army qui trône en tête de notre classement. En ouvrant brillamment la Face B de la compile MRM, le duo annonçait la couleur et leur beat rock hypnotique et passionnant trouve une admirable extension dans ce brillant EP.

Angil & the Hiddentracks terminent joliment leur histoire avec un 4 titres enregistré dans les conditions du live, tandis que Teach Kids Manners dévoile ses talents entrevus également sur la compile MRM avec un premier essai porteur de grandes promesses… On mentionnera en 5ieme position le parisien Kori qui enregistre dans son home studio des chansons poignantes en clair obscur qui rappellent autant The Cure version arpèges mélodiques flamboyants qu'une certaine idée du shoegaze atmosphérique des nineties… Un vrai espoir pour 2015...

1. Chinese Army : Five Easy Pieces
2. Angil & The Hiddentracks : Lines
3. Teach Kids Manners : HTKM
4. Mogwai : Music Industry 3. Fitness Industry 1
5. Kori : Darkness Visible

Et pour finir, les 5 chansons marquantes qui n'auront pas voulu quitter nos esprits cette année...

TOP5 MRM BEST SONGS of 2014

1. Mogwai : Heard about you last night
2. Arthur Beatrice : Midland
3. Mustang : Le Sens des Affaires
4. Burning Alms : The Periphery
5. I love you but I've chosen Darkness : Come Undone

A suivre le classement MRM 2014 des 10 meilleurs Concerts… Et à relire les TOP 2013, 2012… etc tout ça ici :

lundi 17 novembre 2014

Jesus and Mary Chain et Royal Blood à la Cigale (16/11/14)


The Jesus and Mary Chain jouant en intégralité le cultissime "Psychocandy" dans une salle à taille humaine comme la Cigale, c'était inespéré et totalement immanquable…

Et c'était au festival des Inrocks que ça se passait… En guise d'amuse bouche, on a eu droit au duo hype du moment, les Royal Blood… Nomination au prestigieux Mercury Prize et 1er album salué unanimemnt par la critique rock, on était impatient de découvrir le phénomène sur scène… Avec un batteur barbu, plutôt imposant et coupant du petit bois, un compère déménageur jouant de la basse mais réussissant à sortir des sons de guitare, le duo en impose… Ca bouge, on en prend plein la gueule et ça fait du bien… Mais honnêtement, rien de nouveau sous le soleil… On a vu défiler tellement de duos depuis 10 ans que ces deux là n'apportent rien de neuf… Mais c'est un bon mélange de Jack White et de Josh Homme, deux influences plus que reconnaissables…

Bref, bon moment mais on jubile en voyant débarquer les anciens incendiaires, Jim et William Reed… Avec "Psychocandy"  en 85, ils ont influencé toute la scène à guitares, tous les groupes majeurs des dix années qui suivirent : Pixies, My Bloody Valentine, Nirvana et même Oasis qui leur a piqué leur son sur Definitely Maybe… En mélangeant la pop et les mélodies des Shangri-las à la fureur du punk et à l'austérité de Einsturzende Neubauten ils ont créé une vraie révolution… En bardant leurs pops songs de larsens crades et agressifs ils ont explosé les oreilles et les esprits de toute la scène rock… Prodigieux…

Une ré-écoute encore aujourd'hui de ce disque met toujours une immense baffe… Mais revenons au live des Mary Chain… Ca commence mollement avec un groupe bien sage et une sorte de kaléidoscope un peu chiant de leur carrière pendant une bonne demi-heure… A part avec le toujours bluffant "Upside Down", on se sera presque endormi… Après 30 mn, Jesus repart… Et reviens sur scène pour enfin nous offrir le saint graal… Psychocandy dans son intégralité…

Dès l'imparable "Just like Honey", William retrouve un peu de hargne… Et fait un peu de bruit dès les premières notes de The Living End… Nous voilà sauvés! La soirée va enfin décoller… Bien sûr, le larsen est moins violent (plutôt produit par l'effet des pédales qu'un vrai feedback provoqué au plus près de l'ampli) et le son plus léché, bien que plus dissonant que la moyenne quand meme, mais quel plaisir d'entendre en live ce fabuleux disque et sa noirceur incandescente toujours aussi belle à s'enfiler…

Une belle soirée cramée et vivifiante…

A lire également Best Song Ever : Upside Down...

vendredi 7 novembre 2014

Dead Horse One et Maria False à l'Espace B (6/11/14)


Premier retour à L'Espace B depuis la mémorable Double Release Party de la compilation MRM en juin pour une soirée indé de haut vol avec les valentinois de Dead Horse One et les bretons Maria False...

On avait découvert Maria False via un 45T en flexi violet édité par l'excellent label indé Le Turc Mécanique et on était impatient de découvrir en live leur dédale de guitares distordues et vrillées façon coldwave... On sent l'influence de Kevin Shields avec l'utilisation du vibrato de manière continue avec la guitare rythmique. Le chant de Yann Canevet (également tête pensante de Venera 4) est totalement noyé dans la reverb et se perd dans les strates de guitares. Du fond de la salle on jurerait entendre des claviers mais non il n'y a que des grattes sur scène...

On se laisse prendre par le coté hypnotique et totalement embrumé des morceaux. Le batteur casse la baraque littéralement et donne une impulsion énorme à un ensemble léthargique revendiqué... Et ca fonctionne même si on aura préféré les moments plus aériens aux descentes abyssales dans la noirceur de l'époque...

Après une (trop) longue pause, débarque sur scène Dead Horse One. Là encore, on avait découvert ce combo via un label indé hautement recommandable, Cranes Records, et un split vinyle avec The Dead Mantra. Le groupe vient de sortir l'une des perles de l'année, "Without love we perish", produit par l'ancien Ride Mark Gardener. Sur scène, on pense évidemment à Ride pour l’évanescence des guitares mais surtout au Brian Jonestown Massacre pour le coté folk psyché un peu cramé...

Le guitariste et le bassiste chantent souvent ensemble, entremêlant leurs voix monocordes pour apporter une couche supplémentaire de rêverie à l'ensemble. L'utilisation d'une 12 cordes électrique sur plusieurs morceaux amène un coté 60's rafraîchissant, presque hippie... Au final le concert est à la hauteur des espérances engendrées par ce debut album réussi!

A lire également Ride et My Bloody Valentine en Best Song Ever et Venera 4 à l'Espace B ou encore le BJM au Trianon

mardi 4 novembre 2014

Johnny Marr et Childhood au Trabendo (3/11/14)


Childhood et Johnny Marr au Trabendo pour une affiche alléchante qui alla au delà de toutes nos espérances...

Alors qu'on a doucement levé le pied sur les posts publiés sur ce blog, la formidable soirée au Trabendo nous aura convaincu de nous y remettre pour ce coup là... Comme le concert de Childhood de samedi prochain à la Fleche d'Or a été annulé et que les 4 londoniens ont sorti en plein été l'un de nos chouchous de l'année avec leur debut album Lacuna on a été tenté de se rabattre sur cette ouverture pour le cultissime Johnny Marr...

Et l'écoute, quelques jours auparavant, du second opus solo de l'ex The Smiths, Johnny Marr, nous aura étonné et pleinement convaincu de chopper l'un des derniers tickets pour le Trabendo... Sur disque, le chant de l'idole de la 6 cordes surprend par son caractère affirmé ou par des harmonies vocales pleinement assurées. En live, Johnny Marr fait preuve d'une assurance et d'une envie d'en découdre déconcertante... Pourquoi diable aura-t-il attendu d'avoir la cinquantaine pour s'exposer complètement et assurer ce rôle de frontman qui, au final, lui va comme un gant.

Avec une joie de vivre et une réelle envie de faire partager l'instant, Johnny aimante l'audience. Les titres issus de ses deux albums solo, The Messenger et Playland, sont virevoltants et font forte impression. On y retrouve le jeu de guitare flamboyant tout en arpèges qui fit la gloire du guitariste dans les années 80. Le chant est au diapason, sans fioriture mais assuré et plein d'émotion... Sublime.... Et de manière surprenante, les reprises des "Smiths" chantées par Marr sont ultra-convaincantes... Il n'essaie pas de mimer le chant si particulier de Morrissey, Johnny y apporte sa patte, sans trahir ou pervertir les chansons... La grande classe.

Un show impeccable avec en highlight l'évidence rock & roll de "Easy Money" ou de "Playland", la beauté de "New town velocity" et bien sûr les cultes morceaux de The Smiths : "Stop me...", "The Headmaster Ritual", "Bigmouth strikes again", "Still Ill" ou encore "How soon is now".

Dans un rappel flamboyant, Marr se paiera le luxe de dégainer son nouveau single "Dynamo" et de reprendre deux de nos Best Song Ever : le formidable "I Fought the Law" (and the law won...) repris en son temps par les Clash et l'épique "There is a light that never goes out"... Magnifique à en pleurer...

En première partie, Childhood avait déjà allumé la mêche... Avec des pop songs euphorisantes fracassées sous un déluge de guitares flanger et pleines de reverb... Un combo plus que prometteur qui nous avait déjà épaté en 2013 en première partie de Fidlar! Leur disque "Lacuna" tourne en boucle...

A lire également Childhood en première partie de Fidlar en 2013, et les Best Song Ever The Clash et The Smiths...


vendredi 10 octobre 2014

Liars à la Machine du Moulin Rouge (9/10/14)


On adore les Liars en ces pages!!! Pour preuve leur présence régulière dans nos classements de fin d'année, aussi bien en live qu'en album. Leur escapade parisienne, via la Machine du Moulin Rouge, pour le MESS Tour était par définition immanquable!

On ne peut se lasser de ce groupe de dingues, c'est impossible. A chaque disque ils réussissent à nous surprendre, à prendre la tangente et à totalement repenser leur univers sonore... Après l'electro planante et presque rêveuse de WixiW pour lequel les 3 acolytes délaissèrent leur instruments pour experimenter les machines analogiques (vieux synthés, boites à rythmes déglinguées, samplers...), voilà qu'avec Mess, Liars remet le couvert électro mais cette fois-ci dans une veine dancefloor, énergisante et résolument expiatoire!

Et quelle baffe là encore! La constante des shows Liars c'est l'energie phénoménale déployée, mais avec les nouveaux morceaux on a l'impression de monter encore d'un cran en la matière. On s'approche d'une transe assez tribale, une sorte de rituel incantatoire permettant la libération de toutes les mauvaises ondes accumulées... Une sorte de thérapie de groupe jubilatoire!!! Indispensable.

Comme à l'accoutumé, Angus fait le show et hypnotise la foule autant par sa stature imposante que par un charisme saisissant. Le concert débute par un morceau plutôt post-rock déviant avec un duo guitare noyée sous les effets / batterie tribale et déchainée... Surprenante entrée en matière, à la Liars, avant de lancer les machines dans un flot intense et ininterrompu de pulsations électroniques quelque part entre techno, afro-beat, IDM et transe... Un mélange détonnant qui enflamme une salle où la température monte rapidement!!!

"Facts are facts and fiction's fiction"...  Ces emblématiques paroles du titre phare "Mess on a Mission" résument assez bien la soirée et l'état d'esprit Liars! On dira que... à vous de voir...

L'un des tous meilleurs combos de ces 10 dernières années!!! Rien de moins...

A lire également Liars dans nos Best of (2012, re et 2010) en live à la Maro ou au Nouveau Casino ou encore leur rôle dans les années 2000... Et très bientôt en Best Song Ever bien entendu...

jeudi 2 octobre 2014

Suuns à la Gaité Lyrique (1/10/14)


Voyage kaléidoscopique hier soir à la Gaité Lyrique avec la fabuleuse prestation des canadiens de Suuns! Dans le flow continuel de groupes passéistes singeant pour la plupart des genres musicaux de 20, 30, 40 ans d'âge, que c'est revigorant de voir un combo comme Suuns qui, très clairement, essaie de défricher de nouveaux territoires...

Le son des ces 4 montréalais est assez saisissant. En partant d'une base plutôt synthétique issue de synthés analogiques ou de boites à rythmes, Suuns élabore des voyages aussi bien dansants que cérébraux... Les guitares apportent une touche rock mais toujours au service de la pulsation électronique rendue organique par le jeu tout en inflexion du batteur...

Hier soir, le groupe n'a pas hésité à présenter plusieurs nouveautés (certainement issues de leur futur 3ième LP) et ce dès la mise en bouche... Quel départ en trombe, poursuivi de belle manière avec le titre d'ouverture de leur debut album, le magnifique et bluffant "Armed for Peace". Avec des compos comme Arena, 2020 ou Bambi Sunns impressionne et on se dit que ces 4 canadiens ouvrent de nouvelles voies en éclaireurs... Les nouveautés s’enchaînent et nous font saliver dans l'optique de ce prochain disque déjà attendu... Les visuels projetés sur 3 plans larges hypnotisent et contribuent à rentrer pleinement dans l'univers si particulier de Sunns... Waow!

Musique sombre, hypnotique, mélangeant guitares et machines et avec ce petit coté progressiste plein d'espoir... En-soi un groupe ultra moderne... On se demande encore pourquoi on ne parle pas plus de ce fantastique groupe...

A lire également Suuns à la Cigale


mardi 23 septembre 2014

Blonde Redhead au Trianon (22/9/14)


A contre courant des modes et de la hype, le trio new-yorkais Blonde Redhead continue, album après album, de poursuivre son propre chemin et de nous émerveiller par une sensibilité pleine d'intimité qui n'a de cesse de nous remuer... Pour défendre leur 9ieme album, Barragan, c'est le Trianon qui fut le réceptacle de leur générosité...

Barragan est un album déroutant, presque baroque. On sent que les 3 musiciens ont passé beaucoup de temps à élaborer des arrangements recherchés et intrigants mais avec la volonté d'apurer au maximum leur propos. C'est cette recherche d'un minimalisme porté en étendard qui surprend tout d'abord avant de charmer l'auditeur sur la longueur.

Ce nouvel opus ne révèle pas tous ses mystères dès les premières écoutes. Il faut se laisser happer et prendre le temps de s'y immerger en totalité... Dès lors, Barragan révèle des trésors de simplicité et de béatitude... Sobre, imaginatif, chaloupé et tout en rondeur, tel est le nouvel album de Blonde Redhead...

C'est cette veine éthérée et contemplative qui est présentée en concert. La quasi totalité du disque est jouée et les quelques morceaux piochés dans leur immense discographie ont été judicieusement choisis pour coller à cet univers tout en nuance qui caractérise Blonde Redhead en 2014. On retiendra le superbe et déboussolant "Barragan" en intoduction, l'enchaînement divin "Mind to be had" / "No more Honey" ou encore la beauté finale d'un "Seven two". Classe et volupté!

Une ambiance saisissante et un groupe en tous points remarquable...

mardi 19 août 2014

La Route du Rock 2014 (14&15/8/14)


Ca faisait un moment que l'on voulait venir à la Route du Rock que beaucoup, à raison, présentent comme le festival indé à la programmation ultra pointue qu'il faut absolument suivre… Belle prog pour cette édition 2014 et on avoue que c'est au lendemain du concert de Slowdive à la Grande Halle de la Villette que l'on s'est définitvement décidé à prendre nos billets pour cette année çar il nous fallait revoir Slowdive en plein air, c'était clair!

Dès notre arrivée à Saint Malo on a eu droit à notre baptême avec une tempête qui nous aura trempé d'entrée de jeu… Bienvenue en Breatgne semblait nous dire les éléments… Heureusement pour tous les festivaliers, la pluie ne fit son apparition que pour les 2 premiers concerts (Angel Olsen et The War on Drugs) et nous laissa tranquille tout le reste du festival… Mais avec ce qu'il était tombé auparavant, le site du fort Saint Père s'est transformé en un gigantesque champ de boue… Et pour être honnête on ne comprend pas pourquoi l'organisation n'a pas anticipé ce problème… C'est pas comme ci c'était totalement imprévisible…

Une prog au top, une organisation qui laisse à désirer...

La première journée fut un calvaire pour se déplacer à l'intérieur du festival… Le Lendemain ce fut guère mieux même si du foin avait été placé sur une grosse moitié de la scène principale... On a d'ailleurs failli appeler ce post la Route du Foin 2014! Si tout le site avait équipé de la sorte cette jolie deuxième soirée n'en aurait été que plus réussie… Et dire que la pose du foin aura occasionné une entrée retardée des spectateurs, quelques milliers de personnes s'entassant près des grilles alors que le premier concert débutait…

Tout ceci est bien dommage car ce coté amateur déssert un festival qui a tout pour être excellent : un cadre magique, une programmation indé léchée et qui tape dans le mille, une ambiance bon-enfant et de super concerts…


Real Estate et Thee Oh Sees tiennent leur rang

Revenons donc à l'essentiel et cette série de superbes spectacles… Après un War on Drugs plutôt alléchant dont on aura suivi le show durant les 20 minutes de queue pour chopper des jetons de bière, un Kurt Vile un peu ronflant et en mode automatique, la première baffe du trip vient avec Real Estate et leur pop ensoleillée et pleine de mélodies rêveuses… Ces gars là ont tout compris, des accords cristallins, un peu de reverb, des chansons bien fichues alliant le talent mélodique des Smiths et la non-chalance du rock indé US… Une tuerie.

On peut enfin voir Thee Oh Sees sur scène après quelques dates manquées! La bande à John Dwyer se produit pour l'occasion dans un inhabituel power trio. Le punch, la hargne et les envolées psyché n'en sont que plus primitives et le combo de San Francisco fait honneur à sa réputation de bête de scène: parfait. Pour finir la soirée The Fat White Family et son rock en transe nous fichent une dernière bonne baffe histoire de nous achever (mais on le sera totalement par le slalom dans la boue pour quitter les lieux…)

Slowdive intense et féérique

La seconde journée qui débute sous un soleil radieux est plus qu'attendue. 14000 personnes se seront précipitées en ce jour férié pour le grand retour de Portishead, mais c'est très clairement les revenants Slowdive qui leur voleront la vedette.

En guise d'introduction Ana Calvi confirme tout le bien que l'on avait pensé d'elle après son concert au Trianon. Après un matraquage en règle de Protomartyr arrive enfin sur scène Slowdive. Les cinq musiciens de Reading vont littéralement transporter leur auditoire vers des contrées célestes et illuminées… Leur shoegaze rêveur et éthéré a clairement passé l'épreuve du temps et il n'est que justice qu'il vienne récolter les lauriers oubliés lors de leur première vie sur le label d'Alan McGee (Creation Records 1989-1995). Sur scène, les compos sonnent avec beaucoup plus d'énergie et de profondeur et c'est tout un univers dream pop et psyché qui s'ouvre à nous… Un répertoire principalement issu de leurs premiers EP (Slowdive, Avalyn, She Calls) et de leur immense second album (Souvlaki, When the Sun hits, Alison) qui se termine par cet incroyable reprise de Syd Barrett : Golden Hair… Un concert en tout point parfait et qui nous laissera des frissons pendant un moment: monumental…

Difficile de passer derrière un tel ouragan d'émotions… Portishead réussira cet exploit en nous gratifiant d'un set solide, parfois excellent (Machine Gun, Glory Box, We Carry on) mais tantôt un ton en dessous… Seconde chance à Rock en Seine dans quelques jours...